PIERRE PILONCHERY
pilonchery.com

PIERRE PILONCHERY

QUELQUES LIEUX ADDITIONNES
Textes pour Les Webcamerages

2007-2008-2009

Les Webcamerages sont une suite de 69 films de 30'' chacun réalisés pour être diffusés sur le site internet de l'artiste en les additionnant sur une grille au fil de 3 années. Sur chaque film l'artiste parle de choses qui peuvent occuper sa pensée et toutes ces choses peuvent se mélanger.

Un principe de diffusion interactive sur internet permet de voir et d'entendre ces films de 2 manières. Soit un par un pour écouter la parole de l'artiste. Soit plusieurs en même temps en les additionnant comme on veut pour former un libre concert de voix juxtaposées. On obtient alors une surface sonore où le sens à comprendre est remplacé par l'expérience à vivre pour le visiteur qui la dirige. C'est toujours l'idée de l'œuvre comme une partition qu'on peut à chaque interprétation revisiter.

Entre théorie, poésie sonore et performance, Les Webcamerages peuvent aussi, sous diverses formes, être installés dans une exposition.

2007

W1 ... C'EST JUSTE DE L'ACTION VOYEZ-VOUS, une addition de temps et de tout ce qu'il contient parce que l'interrelation des connaissances nous amène tous au service des uns et des autres. C'est une participation magique inlassablement amoureuse de tous nos sens y contribuant, c'est l'art comme une expérience à vivre parce que le voyage n'y est pas organisé. Voilà, tout ça c'est une histoire d'addition. Nous ajoutons quelque soit la situation. Et pourquoi je dis ça? Parce que je n'échappe pas au paysage. Nous occupons des lieux précaires que nous remplissons de nos procédures, c'est la vie comme un tissage de morceaux de temps et donc d'expériences pour qui veut bien participer ...

W2 ... UNE HISTOIRE D'AMOUR INLASSABLEMENT, c’est un peu ce que je veux dire. En fait ce qui est observable, la perception du voyageur, ce qui nous amène ici, c'est que certainement le moindre souhait peut ouvrir des portes sur tous ces lieux de passages. Bien sûr c’est temporaire, comme un système d’intégrabilité où rien ne pourrait pas ne pas entrer, comme des moments d’actions si vous voulez dans un flux de relations des particularités mais chacun y gagne sa propre voix. Il faut un ciel de fête voyez-vous pour se tenir seul au milieu du voyage parce que chacun peut dire je suis tout le monde et mon ambition je vous le dis poursuit la démesure de l'univers ...

W3 ... DANS LE MODELE STANDARD DE L'EXPLICATION DE L'UNIVERS nous pouvons remonter le temps jusqu'au Big Bang et sa singularité. Et vous voyez, nous manifestons notre présence sur la scène comme un état de présence arrangé par une mémoire fluctuante et sûrement passagère mais toujours nous avançons. C'est pour ça que je veux jouer sur tous les terrains, dans un centre commercial ou sur la planète Mars, sur un terrain de foot-ball ou dans un musée, ou dans tout autre endroit lorsque nous pouvons ou pourrons y aller. Pour prendre la mesure de nos objectifs nous tissons des morceaux du monde où nous sommes ...

W4 ... L'INSTANT PERPETUEL DU MONDE A CHAQUE INSTANT c’est tout ce qui nous attend. Toutes les voix que nous connaissons et toutes celles que nous ne connaissons pas s’additionnent et se croisent, et toutes les dimensions dans tous leurs contextes qui tour à tour aujourd'hui nous sont confirmés célèbrent par une sorte de transcription tous ces fragments que justement nous voudrions mettre en œuvre bout à bout sans hésiter. C'est comme une forme de terre promise que nous voudrions dès maintenant traverser pour tout rencontrer, comme une prodigieuse multiplicité qui se crée dans l'âme de l'artiste lorsque nous avançons sur les chemins que nous traçons ...

W5 ... TOUT CA VOYEZ-VOUS C'EST SEULEMENT L'EXPERIENCE que notre conscience signe et reconnaît. Et c’est là que nous écoutons ce que nous savons. Et c’est là que nous apprenons les mille et une façons d’être au monde que nous créons. Tous les sens qu’on additionne, les éléments, l’espace et le temps, l’évolution, les civilisations pour célébrer la connaissance et sa signification, la forme, la matière, ce que nous sommes, tous ces lieux que nous découvrons, les pierres, les étoiles, l’inachevé, la surface de notre monde et son immensité, c’est notre volonté qui les construit ...

W6 ... L'ART ELARGIT LE REGARD. Toutes les formes de circulations, commerciales, artistiques, culturelles, économiques, ludiques, etc... dirigent nos pas et mon travail fait lien avec cette autre chose qui l'entoure. C'est juste une question de regard, c'est aussi une question de temps. Ce contexte spatial ne se détache jamais d'un processus temporel parce que lorsque nous traversons la géographie locale ou globale nous sommes dans un théâtre à cause des déplacements de nos corps et de nos regards. Alors nous pouvons aller voir d'autres territoires parce que l'invention des artistes transmet de nouvelles évaluations de tous nos moyens de création ...

W7 ... LA REALITE DU MONDE demande à être interprétée comme une partition à partager entre toutes les générations. Et je voudrais qu'on puisse utiliser mon travail pour mieux vivre. Et je voudrais que mon travail devienne utilisable au milieu des créations de tous mes contemporains, proches ou lointains, parce que l'expression de l'existence diffuse la force de chacun dans ses efforts et ses procédés pour inventer. Chaque morceau d'art ajoute sa part d'humanité à l'univers tout entier ...

W8 ... C'EST JUSTE DE L'ACTION VOYEZ-VOUS, une addition de temps et de tout ce qu'il contient parce que l'interrelation des connaissances nous amène tous au service des uns et des autres. C'est une participation magique inlassablement amoureuse de tous nos sens y contribuant, c'est l'art comme une expérience à vivre parce que le voyage n'y est pas organisé. Voilà, tout ça c'est une histoire d'addition. Nous ajoutons quelque soit la situation. Et pourquoi je dis ça? Parce que je n'échappe pas au paysage. Nous occupons des lieux précaires que nous remplissons de nos procédures, c'est la vie comme un tissage de morceaux de temps et donc d'expériences pour qui veut bien participer ...

W9 ... TOUT NATURELLEMENT J'AI TRES VITE ADOPTE MA VISION MOSAÎQUEE DU MONDE dans tous les ouvrages que je peux créer. Tout peut donc s’y jouer sans priorité et dans cet objectif la réussite et l’échec ne se revendiquent pas. Les tentatives sans succès de faire accepter mon travail ne m’ont jamais découragé parce que le voyage n’est jamais organisé dans notre conscience englobante de la situation. C’est comme un enregistrement très lointain d'un bruit de foule, ou bien, à l’échelle mondiale, de tous les sons du monde que l’on pourrait croiser. Et ma vie telle que je la vois additionne. Voilà pourquoi l’univers est mon sujet, comme un espace infini que nous pouvons plus ou moins traverser ...

W10 ... LA NOTION DE DUREE permet de rejoindre le monde tout entier. Partout dans le monde circulent les images et les sons, on peut obtenir une surface infinie en laissant sur place ce qui nous unit. Et le créateur ne s'agite pas dans l'excitation mais simplement voudrait fonder le durable et le non durable en une même et brillante énergie, après c'est peut-être juste une question de vocabulaire pour le dire mais c'est dans tous les cas un moment magique plein de l'énergie du monde tout entier dans tous les contextes que l'on peut imaginer. On peut écouter longtemps longtemps, c'est comme l'eau qui coule vous savez, nous découvrons l'immensité ...

W11 ... JE PEUX TOUT VOIR, VOIR TOUT CE QUI PEUT ARRIVER, j'entends le bruit du vent qui souffle et de la mer qui se brise comme dans un roman de Jules Verne, je ne peux m'empêcher de flotter dans l'atmosphère, voilà le fait. Mais l'explication du fait se trouve dans les choses qui augmentent le nombre des actions possibles qui superposent, juxtaposent ou croisent toutes les surfaces du monde où nous sommes. Toutes nos intentions se mélangent, nous opérons dans un champ de possibles, nous mettons en jeu des corrélations que nous tissons, et que peut-on comprendre enfin me direz-vous? Hé bien, toute vie, à l’écart et dans son silence ...

W12 ... VOUS VOYEZ, UNE SEULE CAUSE MOTIVE MON TRAVAIL, L'EXISTENCE DE L'UNIVERS. Et que contient-il? Ce que nous lui donnons. Et que lui donnons-nous? Des systèmes de connexion pour relier tous ses éléments si nous voulons savoir les voir. Qu'obtenons-nous? Différents types de surfaces qu'on étire à l'infini, bien au-delà du raisonnable dans l'ordre de l'imaginable. Et qu'en faisons-nous? C'est là le jeu de notre liberté, il nous suffit juste de clarifier la conscience que nous avons de nos processus de création. Et comment ça fonctionne? Eh bien la vie résulte d'opérations de rencontres, l'interaction avec le monde nous frotte à des événements extérieurs, nous pouvons en jouir ou bien en souffrir, ainsi va le monde ...

W13 ... DANS LE MODELE STANDARD DE L'EXPLICATION DE L'UNIVERS nous pouvons remonter le temps jusqu'au Big Bang et sa singularité. Et vous voyez, nous manifestons notre présence sur la scène comme un état de présence arrangé par une mémoire fluctuante et sûrement passagère mais toujours nous avançons. C'est pour ça que je veux jouer sur tous les terrains, dans un centre commercial ou sur la planète Mars, sur un terrain de foot-ball ou dans un musée, ou dans tout autre endroit lorsque nous pouvons ou pourrons y aller. Pour prendre la mesure de nos objectifs nous tissons des morceaux du monde où nous sommes ...

W14 ... LA REALITE DU MONDE demande à être interprétée comme une partition à partager entre toutes les générations. Et je voudrais qu'on puisse utiliser mon travail pour mieux vivre. Et je voudrais que mon travail devienne utilisable au milieu des créations de tous mes contemporains, proches ou lointains, parce que l'expression de l'existence diffuse la force de chacun dans ses efforts et ses procédés pour inventer. Chaque morceau d'art ajoute sa part d'humanité à l'univers tout entier ...

W15 ... CHACUN VIT L'OCCASION D'UNE EXPERIENCE. C'est cette faculté que nous employons lorsque nous n'avons pas idée de la façon dont les choses vont aller ensemble parce que nous ne sommes pas dans la communication mais dans l'expérience que nous vivons. Et la vie sur Terre invente des convergences parce que l'univers entier crée des connaissances. Comment nous appréhendons la réalité que nous construisons? Eh bien c'est l'homme qui impose sa mesure. C'est la mise en oeuvre d'une volonté non seulement de partager du visible mais aussi d'installer du réel. Et ce réel provisoire occupe des lieux précaires et simplement quelque chose se manifeste, c'est notre local à l'échelle de notre univers ...

W16 ... UNE HISTOIRE D'AMOUR INLASSABLEMENT, c’est un peu ce que je veux dire. En fait ce qui est observable, la perception du voyageur, ce qui nous amène ici, c'est que certainement le moindre souhait peut ouvrir des portes sur tous ces lieux de passages. Bien sûr c’est temporaire, comme un système d’intégrabilité où rien ne pourrait pas ne pas entrer, comme des moments d’actions si vous voulez dans un flux de relations des particularités mais chacun y gagne sa propre voix. Il faut un ciel de fête voyez-vous pour se tenir seul au milieu du voyage parce que chacun peut dire je suis tout le monde et mon ambition je vous le dis poursuit la démesure de l'univers ...

W17 ... JE PEUX TOUT VOIR, VOIR TOUT CE QUI PEUT ARRIVER, j'entends le bruit du vent qui souffle et de la mer qui se brise comme dans un roman de Jules Verne, et je ne peux m'empêcher de flotter dans l'atmosphère. Voilà le fait. Mais l'explication du fait se trouve dans les choses qui augmentent le nombre des actions possibles qui superposent, juxtaposent ou croisent toutes les surfaces du monde où nous sommes. Je continue dans ce cadre aux aspects multiples le grand filage à perpétuité parce que toutes nos intentions se mélangent. Nous opérons dans un champ de possibles, nous mettons en jeu des corrélations que nous tissons. Et que peut-on comprendre enfin? Toute vie, à l’écart, et dans son silence ...

W18 ... LA MEMOIRE FONCTIONNE COMME UN COLLAGE pour révéler le temps d'appropriation des territoires que nous traversons. Je crois que nous sommes en permanence entourés de quelque chose dont on peut faire quelque chose. Je ne le transcris pas, je l'intègre sans souci de mesure et plutôt même jusqu'à la démesure. Des agrégats d'actions, si vous voulez. Vous voyez que la fonction de l'art est à redéfinir pour chaque intervention d'un artiste. Mais l'art d'aujourd'hui ne peut plus avoir de territoire propre parce qu'il peut occuper tous les terrains, c'est juste quelques lieux que nous parcourons pour savoir les voir ...

W19 ... JE PEUX TOUT VOIR, VOIR TOUT CE QUI PEUT ARRIVER, j'entends le bruit du vent qui souffle et de la mer qui se brise comme dans un roman de Jules Verne, je ne peux m'empêcher de flotter dans l'atmosphère, voilà le fait. Mais l'explication du fait se trouve dans les choses qui augmentent le nombre des actions possibles qui superposent, juxtaposent ou croisent toutes les surfaces du monde où nous sommes. Toutes nos intentions se mélangent, nous opérons dans un champ de possibles, nous mettons en jeu des corrélations que nous tissons, et que peut-on comprendre enfin me direz-vous? Hé bien, toute vie, à l’écart et dans son silence ...

W20 ... L'ART ELARGIT LE REGARD. Toutes les formes de circulations, commerciales, artistiques, culturelles, économiques, ludiques, etc... dirigent nos pas et mon travail fait lien avec cette autre chose qui l'entoure. C'est juste une question de regard, c'est aussi une question de temps. Ce contexte spatial ne se détache jamais d'un processus temporel parce que lorsque nous traversons la géographie locale ou globale nous sommes dans un théâtre à cause des déplacements de nos corps et de nos regards. Alors nous pouvons aller voir d'autres territoires parce que l'invention des artistes transmet de nouvelles évaluations de tous nos moyens de création ...

W21 ... TOUT CA VOYEZ-VOUS C'EST SEULEMENT L'EXPERIENCE que notre conscience signe et reconnaît. Et c’est là que nous écoutons ce que nous savons. Et c’est là que nous apprenons les mille et une façons d’être au monde que nous créons. Tous les sens qu’on additionne, les éléments, l’espace et le temps, l’évolution, les civilisations pour célébrer la connaissance et sa signification, la forme, la matière, ce que nous sommes, tous ces lieux que nous découvrons, les pierres, les étoiles, l’inachevé, la surface de notre monde et son immensité, c’est notre volonté qui les construit ...

W22 ... TOUT NATURELLEMENT J'AI TRES VITE ADOPTE MA VISION MOSAÎQUEE DU MONDE dans tous les ouvrages que je peux créer. Tout peut donc s’y jouer sans priorité et dans cet objectif la réussite et l’échec ne se revendiquent pas. Les tentatives sans succès de faire accepter mon travail ne m’ont jamais découragé parce que le voyage n’est jamais organisé dans notre conscience englobante de la situation. C’est comme un enregistrement très lointain d'un bruit de foule, ou bien, à l’échelle mondiale, de tous les sons du monde que l’on pourrait croiser. Et ma vie telle que je la vois additionne. Voilà pourquoi l’univers est mon sujet, comme un espace infini que nous pouvons plus ou moins traverser ...

W23 ... VOUS VOYEZ, UNE SEULE CAUSE MOTIVE MON TRAVAIL, L'EXISTENCE DE L'UNIVERS. Et que contient-il? Ce que nous lui donnons. Et que lui donnons-nous? Des systèmes de connexion pour relier tous ses éléments si nous voulons savoir les voir. Qu'obtenons-nous? Différents types de surfaces qu'on étire à l'infini, bien au-delà du raisonnable dans l'ordre de l'imaginable. Et qu'en faisons-nous .? C'est là le jeu de notre liberté, il nous suffit juste de clarifier la conscience que nous avons de nos processus de création. Et comment ça fonctionne? Eh bien la vie résulte d'opérations de rencontres, . l'interaction avec le monde nous frotte à des événements extérieurs, . nous pouvons en jouir ou bien en souffrir, .ainsi va le monde ...

2008

W24 ... TOUTES LES HISTOIRES RACONTEES PAR TOUS LES HOMMES DANS TOUTE L'HUMANITE, toutes ces incompréhensions tant distribuées entre les hommes dans le monde tout entier, toutes les histoires d'amour qu'on peut toujours inlassablement additionner pour toutes les aimer, tous les discours dans tous les domaines que l'homme a su développer pour se voir avancer dans la construction de son identité, tout ces exemples et bien d'autres, quelle qu'en soit la qualité, c'est comme une promesse pour toute l'humanité parce que toute forme d'action retourne à l'univers qui les contient. Et je revendique alors ma volonté de création dans cet univers qui tous nous contient ...

W25... CHAQUE OEUVRE D'ART AJOUTE SA PART D'HUMANITE A L'UNIVERS TOUT ENTIER. C'est comme une promenade. On est mis en contact direct avec la grande multiplicité. C'est comme une expérience à vivre. D'ailleurs on n'est pas obligé de comprendre. Mais la condition pour dire ça c'est que toute forme de création sache bien ajuster ses éléments sur ses propres capacités. Dans ce sens la question devient maintenant «que peut-on faire de cette oeuvre d'art?» et non plus «que veut dire cette oeuvre d'art?» Il est remarquable que si nous savons converser avec le monde tout entier alors nous pouvons exprimer bien d'autres idées de nous-même et de toutes nos pensées ...

W26 ... NOS RELATIONS AU MONDE QUE NOUS SOMMES, celui que nous occupons, c’est juste une question de regard, tout dépend de l’échelle que nous utilisons. Disons que nous opérons dans un champ de possibles mais cette structure n’engage rien dans les situations qu’elle crée si ce n’est l’inachèvement de toute rencontre. Nous tentons donc de regarder d’un peu plus près l’irréductible multiplicité qui toujours nous permet de résoudre nos difficultés. Eh bien, quelle musique au milieu du silence! Et quel hommage à toute force créative parce que la solitude du créateur entérine régulièrement l'infinie multiplicité de l'espèce humaine sur la Terre toute entière...

W27 ... TOUTES LES HISTOIRES PEUVENT ÊTRE ECOUTEES, elles sont tout ce que nous savons et ne savons pas encore. Il y a donc une posture décisive qui comprend tous les tableaux à la fois comme seule photographie possible inventive. La goutte d'eau qui tombe enregistre l'attitude de celui qui la voit pour l'entendre comme son propre reflet dans l'univers qui la contient. Comme une exaspération d'échos. C'est en fait du plaisir que nous pouvons prendre dans n'importe laquelle de nos activités, c'est la réalité fragmentaire du décor sous tous les angles à la fois, c'est l'histoire de notre univers dans lequel bien sûr nous savons regarder la fleur dans le jardin tout autant que le jardin rempli de fleurs ...

W28 ... LA FORCE N'EST PAS TANT A DECHIFFRER DANS CE QUE SONT NOS OUVRAGES QUE DANS CE QU'ILS TRANSFORMENT. Enfin, ça c'est un peu facile à dire comme ça mais c'est vrai, chacun s'engage vers son but au milieu des autres qui en font tout autant. Ça veut dire que la qualité humaine peut s'installer sur tous les terrains lorsque nous manifestons notre présence sur la scène parce que l'impact humain de chaque intervention fait bien sûr partie de tout programme de création. C'est peut-être une histoire d'ondes bien au-delà de la compréhension. Alors nous pouvons poser la question de savoir ce que peuvent nos pensées pour toute l'humanité?

W29 ... TOUT CE QUI FAIT LE MONDE PEUT ETRE REFONDU DANS UNE OEUVRE D'ART. Tout peut entrer dans l'art, tout ce qui nous intéresse et tout ce qui ne nous intéresse pas. Rien ne peut pas ne pas entrer ans l'art. Et l'art d'aujourd'hui peut entrer de partout. Tous les morceaux du monde m'intéressent. Qui donc saura nous écrire aujourd'hui les nouveaux romans de Jules Verne? Vous voyez qu'il s'agit là de notre environnement, depuis notre quotidien le plus banal jusqu'aux non-limites de notre univers, notre univers connu et bien sûr inconnu dans le monde où nous sommes. En fait nous savons très bien faire de l'incomplétude la force de notre devenir ...

W30 ... A MA PREMIERE PERFORMANCE PUBLIQUE QUI DATE DE 1983 NOUS ETIONS SEULEMENT 3. Je réalisais une action simple en marchant de droite à gauche et de gauche à droite devant l'installation presque complète de mon oeuvre titrée alors « L'obscène ou la Multiplication sans réponse ». La mise bout à bout de ces allées-venues sera sans durée déterminée dans ce travail sur l'espace et le temps. J'accorde aujourd'hui la plus grande importace à cette intervention dans le registre de mes actions. Ce fut un réel événement. John Cage me rendra visite l'année suivante, en 1984 ...

W31 ... IL N'Y A PAS DE SENS A COMPRENDRE mais à construire comme on veut. C'est juste une question de méthode et de processus lorsqu'on veut se mettre en action. C'est-à-dire que nous devons créer nos propres dimensions si nous voulons les mesurer pour les connaître. Ça veut dire que nous sommes les auteurs responsables de notre monde. Ça veut dire aussi que c'est juste une question de temps parce que la vie résulte d'opérations de rencontres et que tout ça c'est juste une histoire d'additions, depuis les débuts de l'humanité. L'interaction avec le monde nous frotte à des événements extérieurs. Alors on peut donc agréablement jouer des certitudes comme des incertitudes, bien évidemment ...

W32 ... TOUT CE QUE NOUS DISONS ET FAISONS CONTIENT BEAUCOUP PLUS QUE CE QUI LE COMPOSE. Et si nous emmagasinons de l'énergie dans ce contexte au sens élargi, alors nous connaissons non pas le vertige mais le prestige de notre qualité toute humaine parce que notre présence affirme aussi la présence de l'autre. Et si toutes les actions et les pensées de l'espèce humaine se complétent sans autre opération que celle de l'addition, alors la variété et la diversité des choses du monde nous force d'aimer des situations inachevées pour contempler la multitude des gens du monde. Et ça c'est l'histoire de notre présence au monde, c'est comme une sorte de cohérence à tous les savoirs, c'est comme un système ...

W33 ... L’IMMENSE TAPISSERIE DU COSMOS OU NOUS SOMMES comme un gigantesque mouvement de ses forces exponentielles en expansion permanente depuis les temps les plus immémoriaux, voilà toute l’histoire. Des mosaïques de visions si vous voulez. Et c’est juste une question d’échelle, avec dans tout ça de l’ordre et du désordre, de l’irrégulier dans le régulier et de l’imprévu dans le prévu. Parce que l’univers est un patchwork. Différents types de circulation d’énergie pour tenir ensemble différents objets de toutes sortes et de toutes formes y jouent le rôle d’une force gravitationnelle et de beaucoup d’autres forces encore, connues ou même inconnues. C’est-à-dire à l’infini des invariants structurels pour faire place à la surprise ...

W34 ... VOUS L'AVEZ COMPRIS, L'ART D'AUJOURD'HUI SOUVENT FAIT AVEC LES CHOSES DE LA VIE D'AUJOURD'HUI MERITE D'ETRE MONTRE DANS LES LIEUX MÊMES DE LA VIE D'AUJOURD'HUI. Et j'aime la façon dont nous pouvons entraîner nos créations dans des espaces de visibilité qui ne coïncident pas avec ceux de l'art. C'est pourquoi la recherche de lieux non conventionnels pour l'art d'aujourd'hui me paraît donc une évidence parce que nous pouvons toujours vivre mieux n'est-ce-pas si nous voyons le monde comme un chantier qu'il nous faut créer pour inventer. C'est l'envie de l'art bien au-delà de l'art, c'est juste une question de regard, juste une méthode pour avancer, de près ou de loin c'est pareil ...

W35 ... NOUS DEVONS PRENDRE LE TEMPS si nous voulons savoir dépasser le cadre consacré de l'art et de ses habitudes. C'est comme une musique si vous voulez, ce qui peut nous intéresser ce n'est pas tant ce qu'on entend que ce qui provoque ce qu'on entend. La notion de durée peut y tisser notre pensée, c'est le moyen original et merveilleux d'opérer notre souveraineté. En fait la vibration des espaces que j'occupe et que je travaille est fondamentalement cosmique. Je vis sur un terrain nommé Terre situé sur un territoire aux limites inconnues qu'on appelle l'Univers. Nous découvrons l'immensité et nous questionnons notre rôle pour la traverser ...

W36 ... JE LOCALISE MON TRAVAIL DANS DES LIEUX DIFFERENTS A CHAQUE INTERVENTION. Je ne l'implante jamais définitivement dans un type d'espace, parce que le monde est vaste pour inventer et découvrir. Notre époque possède les moyens techniques d'imaginer une véritable géographie d'existences pour partager nos compétences et dépasser tous les territoires déjà dessinés. Quelles y sont nos forces novatrices? La stratégie c'est l'addition. L'invention des artistes transmet de nouvelles évaluations des moyens de création parce que l'artiste crée la situation. Alors nous pouvons aller voir d'autres territoires où diriger nos regards et tous nos pas ...

W37 ... L'ART HABITE L'UNIVERS et nous voudrions lui donner le meilleur de nos perfections. Au milieu de tous nos contextes de vie la notion d'interchangeabilité que nous utilisons nous apporte une réponse capable d'enregistrer tous les discours sur l'idée de composition. C'est donc une présence attentive aux conditions terrestres de nos existences, depuis notre quotidien le plus commun jusqu'aux dimensions les plus infinies de ce que nous connaissons et ne connaissons pas encore. Et si tout se fait et se défait dans l'expérience vers la connaissance, alors je ne cherche pas la perfection mais plutôt à savoir user librement de toutes ces particules qui font le monde entier dans lequel nous agissons ...

W38 ... CHAQUE LIEU QUE NOUS TRAVERSONS MERITE NOTRE ATTENTION. C'est la mesure de notre ambition. C'est la disponibilité de l'oeuvre à s'offrir aussi bien dans le temps que dans l'instant pour transformer qui la perçoit. En fait, c'est juste comme un retour à soi qui sera mis en action. Alors l'événement que nous créons prend forme à chaque intervention de manière insoupçonnée, chaque espace devient tout aussi captivant que tous les autres contextes dans lesquels toute action humaine existe ou pourrait exister. C'est l'affirmation d'une multiplicité de centres dans l'espace d'existence de tous les actes de l'espèce humaine. Chacune de nos actions colorie son espace d'intervention.

W39 ... L'EXPERIENCE DE REGARDER CONSISTE AUSSI A NOUS VOIR REGARDER. Et dans ce sens tous les paysages lorsqu'il s'agit d'expérimenter demandent d'accepter avec la même attention l'importance de leurs propositions. Ca veut dire que toute oeuvre dépasse son objet. C'est comme le bruit d'une eau qui coule vous savez, il provoque notre présence attentive à cette surface sonore sans début ni fin du réel et de sa présence qui tous nous contient. Alors bien au-delà de nos désirs et de nos possibilités ce qui distingue la réussite de l'échec fusionne nécessairement à chaque situation rencontrée. Chaque pas en avant nous fait considérer la nature de ce qui provoque nos actions.

W40 ... TOUT CE QUI FAIT LE MONDE PEUT ETRE REFONDU DANS UNE OEUVRE D'ART. Tout peut entrer dans l'art, tout ce qui nous intéresse et tout ce qui ne nous intéresse pas. Rien ne peut pas ne pas entrer ans l'art. Et l'art d'aujourd'hui peut entrer de partout. Tous les morceaux du monde m'intéressent. Qui donc saura nous écrire aujourd'hui les nouveaux romans de Jules Verne? Vous voyez qu'il s'agit là de notre environnement, depuis notre quotidien le plus banal jusqu'aux non-limites de notre univers, notre univers connu et bien sûr inconnu dans le monde où nous sommes. En fait nous savons très bien faire de l'incomplétude la force de notre devenir ...

W41 ... TOUTES LES HISTOIRES PEUVENT ÊTRE ECOUTEES, elles sont tout ce que nous savons et ne savons pas encore. Il y a donc une posture décisive qui comprend tous les tableaux à la fois comme seule photographie possible inventive. La goutte d'eau qui tombe enregistre l'attitude de celui qui la voit pour l'entendre comme son propre reflet dans l'univers qui la contient. Comme une exaspération d'échos. C'est en fait du plaisir que nous pouvons prendre dans n'importe laquelle de nos activités, c'est la réalité fragmentaire du décor sous tous les angles à la fois, c'est l'histoire de notre univers dans lequel bien sûr nous savons regarder la fleur dans le jardin tout autant que le jardin rempli de fleurs ...

W42 ... IL N'Y A PAS DE SENS A COMPRENDRE mais à construire comme on veut. C'est juste une question de méthode et de processus lorsqu'on veut se mettre en action. C'est-à-dire que nous devons créer nos propres dimensions si nous voulons les mesurer pour les connaître. Ça veut dire que nous sommes les auteurs responsables de notre monde. Ça veut dire aussi que c'est juste une question de temps parce que la vie résulte d'opérations de rencontres et que tout ça c'est juste une histoire d'additions, depuis les débuts de l'humanité. L'interaction avec le monde nous frotte à des événements extérieurs. Alors on peut donc agréablement jouer des certitudes comme des incertitudes, bien évidemment ...

W43 ... NOUS DEVONS PRENDRE LE TEMPS si nous voulons savoir dépasser le cadre consacré de l'art et de ses habitudes. C'est comme une musique si vous voulez, ce qui peut nous intéresser ce n'est pas tant ce qu'on entend que ce qui provoque ce qu'on entend. La notion de durée peut y tisser notre pensée, c'est le moyen original et merveilleux d'opérer notre souveraineté. En fait la vibration des espaces que j'occupe et que je travaille est fondamentalement cosmique. Je vis sur un terrain nommé Terre situé sur un territoire aux limites inconnues qu'on appelle l'Univers. Nous découvrons l'immensité et nous questionnons notre rôle pour la traverser ...

W44 ... TOUTES LES HISTOIRES RACONTEES PAR TOUS LES HOMMES DANS TOUTE L'HUMANITE, toutes ces incompréhensions tant distribuées entre les hommes dans le monde tout entier, toutes les histoires d'amour qu'on peut toujours inlassablement additionner pour toutes les aimer, tous les discours dans tous les domaines que l'homme a su développer pour se voir avancer dans la construction de son identité, tout ces exemples et bien d'autres, quelle qu'en soit la qualité, c'est comme une promesse pour toute l'humanité parce que toute forme d'action retourne à l'univers qui les contient. Et je revendique alors ma volonté de création dans cet univers qui tous nous contient ...

W45 ... NOS RELATIONS AU MONDE QUE NOUS SOMMES, celui que nous occupons, c’est juste une question de regard, tout dépend de l’échelle que nous utilisons. Disons que nous opérons dans un champ de possibles mais cette structure n’engage rien dans les situations qu’elle crée si ce n’est l’inachèvement de toute rencontre. Nous tentons donc de regarder d’un peu plus près l’irréductible multiplicité qui toujours nous permet de résoudre nos difficultés. Eh bien, quelle musique au milieu du silence! Et quel hommage à toute force créative parce que la solitude du créateur entérine régulièrement l'infinie multiplicité de l'espèce humaine sur la Terre toute entière...

W46 ... TOUT CE QUE NOUS DISONS ET FAISONS CONTIENT BEAUCOUP PLUS QUE CE QUI LE COMPOSE. Et si nous emmagasinons de l'énergie dans ce contexte au sens élargi, alors nous connaissons non pas le vertige mais le prestige de notre qualité toute humaine parce que notre présence affirme aussi la présence de l'autre. Et si toutes les actions et les pensées de l'espèce humaine se complétent sans autre opération que celle de l'addition, alors la variété et la diversité des choses du monde nous force d'aimer des situations inachevées pour contempler la multitude des gens du monde. Et ça c'est l'histoire de notre présence au monde, c'est comme une sorte de cohérence à tous les savoirs, c'est comme un système ...

2009

W47 ... JE COMPOSE UN VERITABLE CONCERT avec mes doigts qui tapotent les ustensiles que j'utilise pour faire la cuisine et j'aime tapoter l'eau de mes doigts quand je suis dans mon bain. C'est comme le clapotement du monde à portée de ma main. Tous les morceaux du monde m'intéressent. Tout se tient dans la réalité du monde. Ce qu'on fait de quelque chose m'a toujours beaucoup plus intéressé que ce quelque chose et c'est donc tout naturellement que j'ai adopté ma vision mosaïquée du monde dans laquelle tout peut s'y jouer sans priorité. Tout lieu additionne une mémoire en déplacement, bien au-delà de ce que nous croyons être. C'est une histoire d'addition, nous ajoutons quelque soit la situation ...

W48 ... QUAND JE FERME LES YEUX SOUS LA LUMIERE je vois du rouge. Quand je ferme les yeux dans l’obscurité je vois du noir. L'énergie nécessaire au dynamisme de la vie sait qu'elle est nécessaire à la succession de la vie. C'est une forme de force consciente dans l'universel mouvement qui nous pousse à créer pour aller de l'avant. Tous ces processus de création prennent un sens pour ainsi dire immuable bien au-delà de leurs constituants si nous savons traverser ce que nous connaisssons et ne connaissons pas encore. Je veux dire que ce que nous voyons plutôt maintenant c'est le sens physique de la force d'unification transmise par nos actions comme une forme d'affirmation bien au-delà de toutes nos pensées ...

W49 ... LE MONDE ADDITIONNE. Toutes les probabilités et propriétés de rencontres permettent d'éviter l'irréductibilité de toute pensée émise quelque part dans l'espace et le temps. Ca, c'est plutôt une idée amusante et rassurante, parce qu'elle nous préserve de bien des dangers lorsque nous savons que ce qui est là pourrait ne pas y être et ce qui n'y est pas y être. C'est en fait un jeu d'ouverture comme des interactions toujours possibles. C'est comme des dessins dans le sable éparpillés sur toute la planète mais qui seraient réunis et vus en même temps dans le même espace par satellite. Disons qu'à tous les niveaux de descriptions nous observons les dimensions que nous créons ...

W50 ... LA FONCTION DE L'ART est redéfinie à chaque intervention d'un artiste. C'est là que repose le caractère essentiellement finalement universel de chaque action particulière lorsque l'art approche chaque personne en particulier dans un lieu particulier. L'art d'aujourd'hui ne peut plus avoir de territoire propre parce qu'il occupe tous les terrains. Ce sont juste quelques lieux que nous parcourons pour savoir les voir. Ce sont de superbes lieux pour l'artiste comme une revendication de tous les lieux pour les traverser sans jamais se les approprier. C'est l'oeuvre d'art comme une action permanente parce que nous occupons un univers de possibilités avec chacun notre façon de voir où aller ...

W51 ... TOUS LES MOYENS DE CREATION POSSIBLES ET LEGITIMES savent tisser ce dont nous avons besoin si nous savons l'utiliser. C'est l'art en direct si vous voulez, et il n'y a pas à se justifier parce que c'est justement lorsque nous savons dépasser les limites de notre évolution que l'espace de nos vies fait advenir l'espace de nos créations. En fin de compte, chaque perspective oeuvre par approximations et nous avons là d'une manière absolument active la reconstitution opérationnelle tout simplement manifeste de l'être dans l'univers. Tous les mots peuvent être chantés sur tous les chemins et tous les sentiers par qui veut bien participer, et tout ça bien sûr s'enchaîne et se mélange ...

W52 ... C'EST L'ART COMME UNE TENTATIVE D'EXPLORATION DU MONDE au sens prophétique d'une respiration vitale. C'est une vision du monde qui attire le point sur lequel notre regard saura raconter l'attention que nous lui portons. Si donc je dis qu'on ne renonce pas à la vie en renonçant à l'art mais qu'on renonce à l'art en renonçant à la vie, alors la question n'est plus « que veut dire cette oeuvre d'art? » mais « que peut-on faire de cette oeuvre d'art? ». Voir quelque chose qui se passe c'est comme regarder par la fenêtre quelque chose qui n'est pas de chez nous. Un simple canevas temporel pour aviser le monde entier de quelque chose qu'il doit trouver ...

W53 ... TOUTES LES SITUATIONS QUE NOUS VIVONS tentent de produire un champ d'exploration bien au-delà de chaque situation parce que le temps dissipe toute forme de réduction. C'est comme la promenade des molécules et de leurs histoires, on voit bien que l'échelle d'existence définie par toutes les pensées additionnées n'appartient pas uniquement au moment qui les produit. Par exemple sous un magnifique ciel d'été avec seulement quelques nuages pour achever le tableau nous ne manquons pas de sensations. L'exécution alors de ce qui pourra faire oeuvre c'est comme une promesse pour toute l'humanité parce que toute forme d'action retourne à l'univers qui la contient et cet état permanent de création traverse tous les êtres dans tous leurs domaines bien évidemment ...

W54 ... LA MANIERE UNIVERSELLE DE VOIR LE MONDE nous dit que toute vision forcément partielle sait que d'autres parties non visibles existent aussi. Ce que nous voyons nous relie à tout ce que nous ne voyons pas. C'est comme si j'écoutais toutes les voix du monde et de toutes les époques. Ca veut donc dire qu'à toutes les échelles de grandeurs nous rencontrons l'espèce humaine bien avant nous comme bien au-delà et que donc notre rapport au monde n'est pas celui que nous trouvons mais celui que nous fabriquons. Et cette permanence de notre chantier nous ramène toujours au présent pour savoir dimensioner les articulations de tous nos déplacements dans ce monde que justement nous construisons ...

W55 ... ENFANT, LORSQU'ON NOUS EMMENAIT AU CINEMA, mon moment préféré n'était pas le film mais les publicités, parce que j'y voyais de la couleur et du mouvement, de la création d'images et de sons, des instants dont la densité m'emportait dans la jouissance totale. J'y voyais une densité autrement plus proche de la vie que le film projeté souvent trop long. C'était déjà ma vision mosaïquée du monde et je prenais la mesure de ce monde et de sa vitalité. Tout ça me bouleversais. Je savais vouloir y participer. Maintenant je sais que tout peut s'intégrer au processus de ce bruit de fond du monde, c'est une histoire d'addition, une addition de temps et de tout ce qu'il contient ...

W56 ... C'EST UN SENTIMENT SI EXTRAORDINAIRE de savoir qu'on est ici à cet endroit de l’univers, simplement comme il est, parce qu'on ne peut rien trouver d’isolé, d’indépendant, parce que tout fonctionne par interrelations, des fils d’énergie si vous voulez, ou bien des courants ondulatoires jusqu’aux confins de l’univers, depuis là précisément où chacun qui que nous soyons nous vivons et créons. C'est la somme de ces quelques choses pour construire autre chose dépassant largement cette somme des parties, c'est la réalité non pas dans les choses mais dans les relations entre les choses. C’est ce tissage là, cette texture là, qui construit l’univers et donc bien sûr tout mon travail dans cet univers ...

W57 ... J'UTILISE UNE PRATIQUE DU FRAGMENT comme moyen de fabrication par additions. Et la mise bout à bout de tous ces morceaux produit une série d'espaces comme en relation avec l'univers tout entier pour chacun y parcourir son existence dans l'espace qu'il habite. C'est le plaisir d’inventer là où les regards s’entremêlent.Voilà donc comment dans cette perspective les possibilités qui déterminent nos comportements reflètent toutes les premières fois de chaque événement que l'homme a su et pu inventer dans son histoire. C'est juste un regard sur tant de nos pas et c'est sûrement sans hésitation comme des sons pour une partition, peut-être celle du monde où nous sommes...

W58 ... IL EST DECISIF QUE LA CONTINUITE DE TOUTES NOS ACTIVITES DEPUIS LES TEMPS LES PLUS ANCIENS SOIT PRISE EN COMPTE, non pas dans sa fonction historique mais plutôt comme un agrégat d'actions si vous voulez, comme une galaxie au milieu de centaines de milliards d'autres galaxies si nous savons accepter de considérer le temps comme un discours sur le silence sans rien attendre de son déroulement. Ce sont des forces immédiatement opérantes pour la construction de notre évolution, une suite de signes offerts à l'espèce humaine toute entière, comme un battement d'ailes permanent pour mieux passer la frontière du quotidien que tous nous vivons, avons vécu ou bien vivrons ...

W59 ... TOUTE NOTRE CONSIDERATION DE L'ART COMME QUELQUE CHOSE DONT ON PEUT SE SERVIR, avec bien sûr tous nos processus de création dont nous sommes bien conscients, nous montrent d'autres possibles. Toute situation déploie la surface-temps de l'univers qui la contient. Formes et couleurs n'ont de valeurs qu'à la condition d'un détournement fictif du paysage environnant les contenant. Chacun tisse les surfaces du monde qui le contient. Que nous appliquions ou non notre conscience à le savoir tous les jeux sont possibles dans l'universelle réalité c'est-à-dire toutes les combinaisons dans la splendeur du temps pour tisser justement le monde où nous sommes ...

W60 ... LE DECOUPAGE TEMPOREL capable de faire oeuvre intègre son contexte. Ca veut dire quoi? Eh bien c'est comme l'oiseau qui a besoin de l'air qui l'entoure pour voler. En fait c'est juste une question d'échelle pour regarder les limites de validité de nos expériences d'aujourd'hui. Il ne s'agit donc pas d'une démonstration pratique mais du désir d'accrocher des tableaux d'ici pour regarder des tableaux d'ailleurs aussi. Ca ne signifie donc rien d'autre que la possibilité d'élargir notre regard au-delà de notre existence parce que je ne sais rien d'autre de cette affaire du temps que ce que j'expérimente en ce moment, c'est-à-dire juste une addition d'instants pour révéler ce qui peut ne pas échapper à mon attention ...

W61 ... LA MISE EN PLACE D'UNE EXPERIENCE DE L'INSTANT ne consiste pas à manifester la création d'une nouvelle réalité mais la construction d'une activité supposée prendre en compte l'aspect sans limite du temps qui nous contient. La goutte d'eau qui tombe enregistre l'attitude de celui qui la voit pour l'entendre comme son propre reflet dans l'univers qui la contient. C'est dans ce sens que notre comportement dans notre rapport au monde manifeste notre ambition pour aller toujours plus loin dans notre contribution à l'expansion de l'univers où nous sommes. Disons qu'au-delà des particularités c'est bien évidemment l'univers tout entier que nous explorons.

W62 ... NOUS CONSTRUISONS NOS SUPERBES LIEUX que nous savons toujours précaires dans l'incertitude et l'incomplétude et c'est en ce sens que s'incarne chaque expérience individuelle. C'est sûr que l'art révèle forcément toujours beaucoup plus que ce que l'on voit! Et si l'art, aux dires de Duchamp, n'est qu'un petit jeu entre les hommes de tous les temps, notre compréhension de l'art est en ce sens notre transformation dans tout ce que nous faisons et pensons... Alors magiquement, doucement, les uns avec les autres, nous apercevons visiblement le centre de gravité qui nous unit lorsque nous savons penser notre pensée comme déjà le disait Mallarmé ...

W63  ... J'AJOUTE BOUT A BOUT. A chaque instant bien entendu le détail intervient et par la suite le résultat final est en ce sens la conséquence. C'est-à-dire que ce qui arrive envisage notre pensée à partir de notre communion avec le monde que nous habitons et ce sont des positions autonomes inviolables pour découvrir l'immensité. En fait ce sont de limpides éclats pour chacun s'y mirer. Et que puis-je donc y voir? Les choses de la vie, simplement celles qui transforment les sentiments dans leur vrai décor. On ne se pose plus alors la question du dénouement lorsque nous pouvons écouter tous les sons possibles enregistrés. C'est le temps présent à titre d'essai permanent comme un subtil point final pour la phrase suivante ...

W64 ... NOTRE BESOIN D'ETRE RELIE A QUELQUE CHOSE DE TOUJOURS PLUS VASTE commence à nos pieds. Autrement dit, à toutes les échelles des territoires que nous traçons la vitesse de notre marche dans ce réseau de circonstances pose la question de la position de notre point d'observation. Et cette reconsidéation de l'espace et du temps en même temps débouche sur la mise en lumière de la variété et de la diversité des choses du monde. Elle nous force d'attendre des situations inachevées pour contempler sans limite la multitude des gens du monde dans la multitude des lieux du monde. C'est là que s'originent toutes nos actions dans tous les territoires que nous traversons ...

W65 ... NOUS N'EPROUVONS PAS UN SENTIMENT D'INEVITABILITE devant mon travail. Ce qui est là pourrait ne pas y être et ce qui n'y est pas y être. C'est plus un jeu d'ouverture comme des interactions toujours possibles en simultané. C'est comme des dessins dans le sable qui seraient éparpillés sur toute la planète mais réunis et vus en même temps dans le même espace par satellite. Cette forme d'addition à la totalité que nous sommes c'est quelque chose de merveilleux parce que tout le monde y place sa voix comme une molécule sonore dans la texture du temps qui la contient. C'est le hasard des combinaisons comme autant de géométries de significations ...

W66 ... IL Y A TANT A FAIRE DANS L'EXISTENCE et nous devons prendre notre temps. En se demandant quelle est la situation nos regards traversent d'abord l'enthousiasme de ne pas fixer de limites, ensuite, de toute évidence, il suffit d'imaginer. C'est comme le son de la pluie qui tombe ou de l'eau qui coule, c'est juste une trame audible et visible, juste une chose transitoire pour éveiller l'esprit, en fait juste rien d'autre que ce moment là. Et là nous sommes dans ce comportement qui ne veut pas séparer mais accroître la rencontre. On y voit les hommes de tous les temps en séries de solos dans tous ces lieux que nous traversons retraçant l’événement que chacun nous sommes ...

W67 ... JE LOCALISE MON TRAVAIL DANS DES LIEUX DIFFERENTS A CHAQUE INTERVENTION. Je ne l'implante jamais définitivement dans un type d'espace parce que le monde est vaste pour inventer et découvrir. Le monde est fait pour l'art, comme un paysage dans lequel l'artiste peut installer son oeuvre et ses possibilités, des sortes d'oeuvre nomade si vous voulez, que nous transportons dans tous les endroits que nous habitons. Alors chaque espace devient tout aussi captivant que tous les autres contextes dans lesquels toute action humaine existe ou pourrait exister parce que chacune de nos actions colorie son espace d'intervention ...

W68 ... LES PROCEDURES DE MULTIPLICATION NOUS FONT AVANCER, c'est l'usage de la rencontre comme processus d'acquisitions. Je peux donc tout mettre dans l'art. Je peux mettre les créations humaines au milieu des bruits de la réalité, c'est-à-dire le monde réel et toutes ses contaminations. c'est-à-dire la multiplicité de toutes les partitions à jouer. C'est l'art comme une promenade et c'est sûrement une relation avec le monde tout entier parce que l'art peut offrir ce moyen de rencontres entre tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux. Voilà. Le temps se déploie. J'inscris. J'additionne. Et tous les morceaux de quelque chose peuvent se rencontrer. Voilà donc pour la méthode ...

W69 ... C'EST LE CHANTIER QUE NOUS CONSTRUISONS, mettre ensemble toutes les sonorités du monde et dire clairement qu'il n'y a pas de sens à comprendre mais qu'il suffit de construire comme on veut. C'est sans doute pourquoi je voudrais produire des œuvres à l'avance comme inachevées parce que le voyage n'est pas organisé pour mieux entendre les voix du monde. Je veux dire que si nos marches accumulent des expériences pour aller comprendre les nombreux états de toutes nos situations dans tous les lieux que nous traversons, comme une libre conquête du savoir et de la force, eh bien cette force alors n'est pas tant à trouver dans ce que sont nos ouvrages que dans ce qu'ils transforment ...


© Pierre Pilonchery 2007-2008-2009

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