PIERRE PILONCHERY
pilonchery.com
PIERRE PILONCHERY - AMAURY JACQUOT
SOME PLACES AND THEIR MOMENTS
An installation as a construction site in a disused warehouse
5-16 February 2007

Photos Farida Chadri

A PRESENTATION

Some Places And Their Moments is a large visual and sounding installation as an evolutive construction site during two weeks in a disused warehouse by the Confluence near La Sucrière at Lyon, France, the Z Building.

The principle is simple: it's to show not a finished work but a work in progress, the public being allowed to participate.

I store and install there 250 m2 worth of surfaces of paper obtained by weaving strips cut out of leaflets and advertising catalogues, staged before for other installations. Here the disposition can change every day. Every day the intensity of red electric ligths and natural ligths are varying depending on the hour and the day. Every day the sounds of the building site are recorded and played superimposed with those of the preceding days, like a sounding surface without beginning nor end like the sound of a running water, a recording of which is also played in the installation. I work in this disused warehouse with circus artist Amaury Jacquot who ties a network of suspended bars inside the installation on which he brillantly evolves all the time of the exhibition. We give there on the closing night the performance MOMENT Z for 9 performers, sound broadcasting and videoprojection.

This is an response to the invitation from the student association "Les Temps d'Art" to be part of their manifestation "To The Arts Etc. ... Construction Sites Open To the Public" the objective of which is to allow art to exist beyond the usual locations of art by offering artists residences on a two-weeks basis in the diversity of the urban network so as to get different artistic fields to entwine, thus bringing out the creative process.


Vos différentes actions et notre projet souhaitent faire appel à des artistes de votre profil.  Le projet titré "AUX ARTS ETC...CHANTIERS AUTORISES AU PUBLIC" prendra la forme d'un réseau de résidences d'artistes ouvertes aux publics dans des lieux où l'art n'a à priori pas sa place pour y mettre en éclairage le processus de création: "résider –selon Hölderlin- c'est habiter en poète". Nous cherchons à appliquer cette définition à la résidence d'artiste. L'artiste s'imprègne de l'espace dans lequel il évolue et en devient un véritable résident. L'ambition du projet est d'offrir, aussi bien aux artistes qu'au public, un espace de création, d'expérimentations, d'échanges, plutôt que d'imposer l'aboutissement d'un travail. Au Musée des Moulages un photographe rendra visible ses prises de vue au jour le jour des autres résidences et de leur contenu, des tables rondes et des débats y seront organisés. Une trace de cette expérience sera donnée à voir dans une publication et un film DVD. L'unanimité s'est faite pour vous voir à nos côtés dans cette affaire et nous en sommes tous très heureux. » (extraits de textes et courriers de l'association « Les temps d'Art").

Durant 2 semaines j'entrepose dans une friche industrielle, pour les exposer autrement avec d'autres éléments visuels et sonores, les grandes surfaces de papier obtenues par canevassage de bandes découpées dans des catalogues et tracts publicitaires déjà utilisées pour mon intervention dans un centre commercial. J'interviens dans cet entrepôt avec AMAURY JACQUOT, artiste de cirque, qui va évoluer là dans tout l'espace de l'installation. Mêler des activités commerciales, industrielles, artistiques et même de loisirs est un des grands axes de mon travail à condition toujours de les inscrire dans la totalité du territoire mondial et même universel du monde où nous sommes. Bien sûr le chantier est ouvert au public et tout le monde peut y participer parce que la vie n'est rien d'autre qu'un chantier permanent vous savez, depuis nos actions les plus simples de notre travail et de nos vies quotidiennes jusqu'à l'expansion de l'univers tout entier qui les contient ça c'est bien évident.

Sans doute je m'attache à quelques fonctions unificatrices de l'art. Localement je polarise mon audience en attachant beaucoup plus d'importance à ce qui se peut se dire et circuler en dehors du climat culturel sous l'apparence d'une autre substance pour toujours pouvoir dépasser ce que nous connaissons. S 'approprier un lieu pose avant tout la question de l'appropriation par chacun de nos propres existences, notre voyage inévitablement manifeste notre être et tous ses composants que le lieu traversé se contente de révéler. Comment vivre cette intervention et de quelle expérience peut-elle nourrir le visiteur? Vous voyez que la fonction de l'art est à redéfinir pour chaque intervention d'un artiste. L'art d'aujourd'hui ne peut plus avoir de territoire propre parce qu'il peut occuper tous les terrains qu'il veut bien traverser. L'intervention artistique programme l'occupation d'un espace mais non pas sa définition parce qu'elle reste toujours provisoire. Nous respirons tous le même air dans les lieux qui nous accueillent et tous nous pouvons écouter longtemps longtemps, c'est comme l'eau qui coule vous savez, nous découvrons l'immensité. L'art élargit le regard.

© Pierre Pilonchery 2007